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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore
heureux."
Ce terme « chick lit » (chicken literature) ne vous dit peut-être rien et pourtant il s’agit d’un phénomène que tout le monde a pu constater : le développement d’une littérature typiquement féminine. Aux antipodes de la littérature du style « Harlequin », ces romans, aux couvertures plutôt attrayantes, s’adressent à un public de jeunes femmes célibataires à l’image des héroïnes décrites dans ce genre. On peut constater qu’un même type de littérature à tendance à se développer dans la production pour adolescents. Afin de comprendre ce phénomène nous définirons tout d’abord ce genre et dégagerons ses caractéristiques, puis nous analyserons à travers les collections pour adolescents les aspects similaires avec la littérature s’adressant davantage aux jeunes femmes. Enfin nous montrerons les valeurs véhiculées dans cette littérature afin d’en faire une critique et élargirons notre réflexion en abordant le sujet de la littérature pour garçons appelé « lad lit ».
Définition et historique du genre
La définition
Le terme « chick lit » désigne un nouveau genre littéraire. Il vient de l’anglo-saxon « chicken literature » qui signifie littéralement « littérature pour poulettes », autrement dit littérature pour les filles. On désigne ce courant également comme « gossip lit » ou « girly lit ». Ces appellations permettent de cerner rapidement de quel genre de littérature il est question. Il s’agit d’un type de fiction écrit par et pour des jeunes femmes. On y retrouve les cancans et les déboires de trentenaires célibataires.
Facilement repérable dans les librairies, ce style de littérature est très vendeur et connaît un vif succès notamment du à un fort marketing.
Petite histoire de la chick lit
C’est véritablement en 1996 que la littérature pour filles émerge avec la parution du Journal de Bridget Jones écrit par Helen Fielding.
En effet, ce roman donne le ton en décrivant la vie d’une trentenaire célibataire déprimée et complexée par ses kilos. C’est un succès mondial avec 4 millions d’exemplaires vendus dans le monde dont 500.000 en France. Il a été traduit en prés de 20 langues. En 1999 paraît la suite de ce premier volet : Bridget Jones : l’âge de raison. Ces deux romans ont été adaptés au cinéma. Dans ces deux œuvres, on ressent l’influence littéraire de Jane Austen et plus précisément de son roman Orgueil et préjugés où elle y peint la société britannique du XIXe siècle et ses convenances que l’héroïne se refuse de respecter.
En 1996, paraît Sex and the City écrit par Candace Bushnell : une compilation de ses chroniques dans le New York Observer où elle levait le voile avec humour et férocité sur les drôles de mœurs du milieu huppé de la mode et des médias à Manhattan. Ces romans connaîtront aussi un grand succès accentué par l’adaptation en série télévisée.
Plus récemment, et dans la même lignée, Lauren Weisberger, s'est également adonnée à ce genre avec Le diable s'habille en Prada. Best-seller aux Etats-Unis, le livre a suscité un grand engouement en France où il est paru en 2004 : près de 100 000 exemplaires vendus au Fleuve Noir et le double chez Pocket. L’adaptation de ce roman sera aussi très bien accueillie lors de sa sortie sur les écrans.
Bien qu’elle soit définie comme littérature de cancan, il ne faut pas confondre la chick lit avec la série Harlequin. Contrairement à celle-ci, les romans qui s’inscrivent dans la chick lit décrivent des situations réalistes avec des femmes dynamiques et actives contrairement aux romans dits à l’eau de rose.
Et en France ?
Le décor de la plupart des romans de la chick lit se situe aux Etats-Unis et plus particulièrement à New York ou à Manhattan. Les auteures de chick lit françaises sont plus rares même si on compte Anne Girod de l'Ain, chroniqueuse au magazine Elle et Arièle Butaux. A quand un roman dont l’intrigue se déroule à Paris ?
Les caractéristiques de la chick lit
Les héroïnes
La chick lit est écrit par des femmes, pour des femmes, et s'attache à des héroïnes féminines. Ecrite habituellement à la première personne du singulier, ces romans relatent en effet les aventures amoureuses ou la vie quotidienne de jeunes femmes évoluant dans un cadre urbain. Elles raffolent des virées entre copines et veulent réussir sur tous les tableaux. Elles sont en général jeunes, belles, riches, réussissent dans leur carrière. Il y a bien entendu de multiples variantes : au lycée, dans le milieu de la mode,…
Héroïnes de séries télévisées qui font le tour du monde, ces célibataires trentenaires, célibattantes dont la vie professionnelle est souvent plus réussie que la vie amoureuse, sont les héroïnes drôles, déjantées, coincées ou au contraire très libérées. Si l’on y retrouve toutes les galères de la trentenaire en mal d’amour, on y découvre également la modernité d’une époque où les femmes savent décidément ce qu’elles veulent, à tous égards !
On peut donc résumer la chick lit à ces quelques caractéristiques : une héroïne célibataire entourée de plusieurs copines, une pincée de potins, des vêtements, sacs à main et chaussures griffées, un milieu de travail in, plusieurs conquêtes amoureuses vouées à l’échec et une quête désespérée pour trouver l’homme idéal.
Le ton
Ce qui définirait plus spécifiquement la chick lit, ce serait le ton : désinvolte, désabusé, bourré d'humour noir. Les héroïnes y sont en général adeptes du parler cru et méchant, et la dérision est le point commun de tous ces livres. On peut dire de ce genre qu’il est une variante contemporaine et délurée du traditionnel roman sentimental.
Le public de la chick lit
Auprès d'un certain public, le plus souvent féminin, ce nouveau genre est en vogue. La chick lit vise spécialement les femmes célibataires entre 20 et 30 ans.
En somme, les célibataires branchées, mères de famille, lolitas coquettes et cœurs d'artichaut sont à la fois les cibles et les modèles de ce nouveau genre.
Sur le plan thématique, la chick lit délaisse parfois les problèmes des célibataires trentenaires pour se focaliser sur les préoccupations des adolescentes, des mères (mommy lit) ou encore des femmes afro-américaines (sistah lit) ce qui donne lieu à des sous-genres dans la chick lit. Délaissant les difficultés suscitées par la chasse à l'homme idéal, elle analyse aussi parfois avec acuité le monde du travail.
Le marché de la chick lit
La littérature pour nanas est donc un créneau très vendeur qui n'en est plus à ses premiers succès, surtout en Amérique du Nord.
C’est un filon que les maisons d'édition comme le Fleuve Noir ou Harlequin exploitent. Les éditions Harlequin se sont mises au goût du jour en créant la collection Red dress ink pour répondre à cette demande.
EXTRAIT D’UN INTERVIEW SUR BUZZ LITTERAIRE
« En 2004, deux jeunes Montréalaises, India Desjardins et Rafaële Germain, publiaient respectivement Les Aventures d’India Jones et Soutien-gorge rose et veston noir, deux romans apparentés au courant littéraire anglo-saxon de la chick lit – une littérature populaire féminine. Leurs romans ont été depuis certifiés best-sellers, mais pourtant, peu d’auteures ont emprunté leur voie… Pour poursuivre ce genre au Québec, India Desjardins s’est penché vers la littérature pour adolescentes.
Pour India Desjardins comme Rafaële Germain, la naissance de la chick lit est associée à la publication en 1996 du Journal de Bridget Jones de l’auteure britannique Helen Fielding. Et, selon elles, utiliser le terme chick – poule, ou version plus québécoise, pitoune – pour définir un genre littéraire n’est pas forcément péjoratif. India Desjardins voit dans cette appellation une dimension humoristique clairement assumée : «Nos personnages ont parfaitement le droit d’avoir un côté superficiel ou névrosé. Tout personnage, dans la mesure où on arrive à s’y attacher, a une certaine profondeur.»
India Desjardins évoque une comparaison souvent faite dans le milieu : «La chick lit présente des femmes qui s’auto-suffisent. Comme dans les récits non conventionnels de Jane Austen il y a deux cent ans, elles choisiront toujours l’amour plutôt que la richesse. Et contrairement aux personnages féminins des romans Harlequin, elles n’atteignent pas nécessairement un meilleur niveau de vie grâce aux hommes.»
Certaines valeurs sont intrinsèques au genre et ne peuvent que difficilement s’en dissocier : «On parle en fait de valeurs-types et de personnagestypes, commente Rafaële Germain. On trouvera toujours en chick lit une dimension urbaine, une histoire d’amour, les mêmes types de personnages…» India Desjardins associe beaucoup le courant aux mondes télévisuel et cinématographique : «Souvent, on a l’impression de lire le scénario d’une comédie romantique. La lectrice a donc la chance de sauter à pieds joints dans l’histoire, de se glisser immédiatement dans la peau de la protagoniste.»
Purement british, la chick lit? «Il y a véritablement au Québec un public pour ce genre, et c’est sans doute dû au fait que notre mode de vie et nos préoccupations s’apparentent énormément à ceux des Anglo- Saxons. Aujourd’hui, quand j’y repense, il me semble que le succès de nos romans allait de soi», analyse Rafaële Germain. Pourtant, on ne connaît pas d’autres auteures québécoises qui affirment avoir flirté avec le genre. «Écrire de tels romans, sans que ce ne soit facile, ne nous permet certainement pas de démontrer ce dont on pourrait être capables, littérairement parlant. Voilà peut-être pourquoi peu d’auteures d’ici ne se joignent à nous…», avance India Desjardins. »
DE LA « CHICK LIT » ADULTE A LA « CHICK LIT » ADO
Comme nous l’avons vu, la « chick lit » est essentiellement axée sur un public de jeunes femmes. Néanmoins le phénomène de la « chick lit » se déplace progressivement en direction des adolescentes. Les thèmes s’adaptent aux réalités des jeunes : garçons, copines, premier baiser, mascara et boums.
Les héroïnes sont des petites sœurs de Bridget Jones version 13-17 ans. Elles sont chipies, pestes, mais incorrigibles romantiques, fleurs bleues mais l’œil rivé aux kilos affichés sur la balance, piquant les rouges à lèvres de maman mais papotant des heures au téléphone, priant pour ne pas se planter au test de math, tout en se demandant si deux amoureux ne valent pas mieux qu’un. Ces livres les plongent dans un univers rival et cousin de celui de leurs mères.
Les jeunes lectrices préfèrent les héroïnes légèrement plus âgées qu’elles, pour se donner un avant-goût de ce qui viendra. Les auteurs s’attachent à ce que leurs personnages soient à l’image des adolescentes, en se focalisant sur leurs préoccupations. Et ceux que l’on peut retrouver tome après tome, histoire de se sentir appartenir à une famille… qui ressemble à la sienne.
Bien sûr, les clichés abondent. Mais le regard des auteurs, souvent mamans elles-mêmes, sur leurs héroïnes est empli de tendresse. On note que la « chick lit » version adolescente est aussi le terrain de jeu des auteurs hommes. Phénomène inexistant pour la « chick lit » adulte.
Les séries « Girly » pour les adolescentes
Aujourd’hui les éditeurs surfent sur la vague « chick lit ». Ainsi les rayons des libraires sont remplis de collection spécial fille. Chaque maison d’édition a développé ce domaine en proposant des romans axés sur les préoccupations des adolescentes.
Le point commun de tous ces romans est des thèmes légers basés sur l’amour, les copines, le shopping, la drague, les disputes… Les héroïnes sont toutes des jeunes filles préoccupées par ces thèmes.
Un autre phénomène est intéressant à observer : les couvertures. Celles-ci sont toutes du même type, des couleurs acidulées qui optent pour un graphisme simple, stylisé. Les héroïnes sont dessinées et schématisées.
Néanmoins, il faut noter que les éditeurs n ‘ont pas de collections à proprement axés sur la « chick lit » mais plus spécialement des séries intégrées dans des collections adolescentes.
Voici donc un panel de l’édition française proposant des livres « Chick lit »…
- ALBIN MICHEL JEUNESSE et la collection « Wizz »
Le féminisme ?
Certains considèrent la « chick lit » comme un type de courant post-féministe, alors que d'autres y voient un type de fiction plutôt insipide.
Pour certains donc, ce genre est consacré à la femme moderne : une femme partagée entre son indépendance et sa féminité, une femme inscrite dans l'ère du post-féminisme.
Mais pour d’autres, elle ne fait que réduire la féminité moderne à une « bécasse frivole », creuse et agaçante...
De plus, le phénomène « girly » s’étend aujourd’hui sur le net.
Le phénomène « chick lit » envahit la toile
En effet, depuis quelques mois, la toile abrite de nouveaux "blogs de fille" dans cette mouvance. Les jeunes filles profitent de la profusion des blogs pour parler « chick lit ». On trouve ainsi de nombreuses critiques de roman « chick lit », témoignage de la popularité de ce genre. Les « people » sont à l’honneur, les ragots fusent, et les techniques de drague s’échangent. Sans oublier les dernières tendances vestimentaires à la mode.
Les éditeurs rebondissent sur ce thème en incluant dans leurs ouvrages de nombreuses références commerciales.
Le marketing dans la « chick lit »
Un ouvrage américain a fait débat sur ce sujet. Il s’agit de Cathy’s book de Jordan Weisman et Sean Stewart, un livre de « chick lit » pour adolescentes. Dans ce roman, de nombreuses marques sont mentionnées (Armani, Vuitton, etc…), et ce sans se faire payer. On comprend alors la place que prend le marketing dans la littérature de poulettes. Et, c’est avec surprise que le débat s’ouvre sur la marque de rouge à lèvre que porte l’héroïne du roman. En effet, "le jeu d’épreuves du roman fut soumis Maurice Coffrey, qui travaille dans le marketing chez Procter & Gamble, numéro un mondial de la lessive, des couches pour bébés, du dentifrice, etc. Celui-ci déclara alors : « Quel bouquin génial ! Mais pourquoi Cathy porte-t-elle du rouge à lèvres Black Violet de Clinique ? Ce n’est pas du tout son genre. Je la verrais bien mieux en Lipslicks, de Cover Girl. ». Ainsi, les valeurs commerciales pénètrent au cœur de la littérature. Celle-ci serait devenue un nouveau vecteur de publicité. Les conflits commerciaux rentrent en vigueur dès lors en Amérique.
Clinique est une filiale de Estée Lauder, Cover Girl appartient à Procter & Gamble. Les auteurs ont admis que Cathy pourrait aussi bien appliquer Lipslicks sur ses lèvres pulpeuses. Le texte a été modifié pour la version définitive du livre. Procter & Gamble n’a rien payé, mais vante Cathy’s Book sur le site Internet Beinggirl.com, qui lui appartient. Dans un éditorial consacré à cette affaire, le New York Times remarque que les auteurs et l’éditeur n’ont pas été payés en dollars, mais en publicité gratuite, ce qui est toujours bon à prendre." *
Les adolescentes vivent dans une culture mouvante, à l’intérieur de laquelle les frontières entre littérature, publicité et rouge à lèvres sont floues. L’univers de la littérature traditionnelle doit leur paraître étrange, puisqu’il ignore la principale expression culturelle qu’elles connaissent, la publicité. Néanmoins, le « placement » de produits dans la littérature pour la jeunesse n’est pas une bonne idée.
En conservant les livres tels qu’ils sont, on rappelle au moins aux adolescentes l’époque où la vie n’était pas entièrement consacrée au shopping. Intégrer la publicité à la littérature, c’est envahir un espace de liberté et d’imagination, c’est faire de la littérature un objet commercial, véhiculant et réaffirmant une culture de consommation.
La presse américaine a consacré de nombreux articles au changement de rouge à lèvres de Cathy. Des libraires ont déclaré que cette intrusion du marketing dans un roman pour la jeunesse constituait un très mauvais précédent.
Ce débat a un peu masqué une autre caractéristique d’avant-garde du livre. Le titre surmonte un sous-titre imprimé en petites lettres : « If Found Call 650-255-8233 » L’intrigue comporte des énigmes que l’on peut résoudre en appelant plusieurs numéros de téléphone et en consultant des sites internet. Avant d’écrire Cathy’s Book, les deux auteurs avaient créé un jeu de « réalité alternative » sur Internet, « I love Bees ». Le mariage avec le site Beinggirl.com leur convient parce qu’il contribue à l’extension du livre sur le web.
Au regard de cela, on peut se demander quel modèle donne la « chick lit » aux les adolescentes. N’est-ce pas un risque d’offrir comme icône des héroïnes stéréotypées ?
Un modèle faussé ?
Il est important de signaler qu’outre les romans « chick lit » adolescents, on trouve dans les rayons de librairie, de nombreux romans pour adultes. On peut citer par exemple Le diable s’habille en Prada ou encore la série Gossip Girl.
À l’heure où la société est troublée par l’hyper sexualisation des jeunes filles, est-ce souhaitable de leur mettre sous les yeux des modèles de femmes plus âgées qui assument leur superficialité?
L’adolescence est une période où les jeunes se façonnent leur personnalité. Il est donc dangereux de leur présenter ces modèles comme idéal. De plus, leur monde d’adolescente est rempli d’autres icônes qui présentent les mêmes caractéristiques. Ainsi, les valeurs « chick lit » sont également véhiculées par le biais de séries télévisées, ou encore par les frasques de leurs stars préférées.
Il est essentiel que les parents encadrent et supervisent leurs filles dans leurs lectures, au même titre qu’ils le font souvent pour la télévision.
L’autre risque serait que les jeunes filles se limitent à ce genre de littérature.
Littérature « girly », un couloir vers la « chick lit » adulte ?
Habituer les jeunes lectrices à lire de la littérature « girly », n’est-ce pas un risque de ghettoïsation ? En effet, comme nous l’avons dit précédemment, les libraires incluent dans leur secteur jeunesse des ouvrages de « chick lit » adulte. N’est-ce pas créer une passerelle directe entre « chick lit » ado et « chick lit » adulte, sans donner l’opportunité de leur faire connaître d’autres types de littérature ?
On peut aussi se demander si l’affluence des romans « chick lit » n’entraîne pas une perte de qualité.
Perte de qualité ?
Il n’est plus à démontrer que la littérature « girly » est en passe de devenir un des éléments moteurs du marché du livre jeunesse. Mais à trop publier de romans, leur qualité de rédaction ne s’en ressentirait-elle pas ?
En effet, afin de surfer sur ce phénomène vendeur, ces romans sont souvent écrits à la chaîne et parfois grossièrement.
Prenons garde de ne pas tomber dans la mièvrerie facile avec la rédaction de romans directement inspirés des sitcoms en vogue aujourd’hui.
Le phénomène de la « Chick lit » a également son pendant masculin. En effet la littérature de poulettes est concurrencée par la « lad lit » (littérature de gars). Ce terme a été donné par Bill Buford, éditeur américain, pour qualifier une nouvelle tendance, visible dans la littérature américaine. Une littérature écrite, cette fois, par des hommes et pour des hommes.
Ces romans abordent plusieurs axes traduits en sous genre :
Mais l’unité de ces romans est qu’ils tentent tous de traduire les états d’âme, les malaises amoureux, tout simplement la tyrannie des sentiments vécus par les jeunes hommes (passage à l’âge adulte, le monde du travail, la fidélité, la drague… : tous les tracas des hommes).
Malheureusement cette littérature n’a pas su encore trouver son public et est loin de connaître le succès de la « chick lit », et ce, malgré une forte couverture médiatique dans les pays anglo-saxons. On peut alors se demander pourquoi les hommes ne sont pas séduits par ce genre de littérature. Et bien, peut-être tout simplement, que la lecture de roman n’est pas une pratique culturelle masculine. Ainsi les hommes ne vont pas, naturellement vers ce genre de littérature. De plus, certaines critiques, avancent l’argument que cette littérature véhicule trop de clichés masculins. Les hommes ne se retrouveraient pas dans ces héros de « lad lit ». Bien que l’écriture soit bonne, on peut se questionner sur l’aptitude de ces romans à aider les adolescents dans leurs rapports avec le monde.
La difficulté rencontrée par les auteurs de « lad lit » est de cerner les préoccupations masculines et d’arriver à en faire le portrait sans tomber dans la caricature. Les auteurs tentent, tout de même, de toucher un public en traitant des thèmes universels avec humour et dérision. Malgré ces efforts, les jeunes garçons préfèrent regarder des sitcoms de 30 minutes plutôt que de lire des romans de 300 pages, qui abordent les mêmes thématiques.
On note tout de même que la France s’essaye à la « lad lit » pour adolescents. Ainsi on trouve quelques romans se rapportant à ce courant littéraire.